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John Keats, sa vie, son oeuvre, son alcoolisme.




07/02/2010 18:25
Roule mon Enfant  0 commentaire

Qui regardes tu? vers qui se pose ton regard?

Pourquoi t'agites tu ainsi? quelles pensées t'animent quand tu sembles ainsi possédée?

Tu virevoltes d'un pied sur l'autre, jamais tu ne t'arrêtes, tes mains tournent, ton visage s'anime, puis se fige, sans raison, comme ça.

Tout part en fumée, l'envie de parler, d'improviser, de te plaire, mais jamais de rêver.

Cette belle idée que j'ai de la chose continue à nourrir ma prose,

et toi en ce moment tu es là, dans le froid, hantant mes pensées, sautant de pied en pied.

Tu es belle je ne sais pas, tu m'as vu je n'en sais rien, mais je suis tout à toi, s'il te plaît regarde moi.

Si possible pas avec ces yeux là.





07/02/2010 1:29
Le Superbe  0 commentaire

j'ai tout plein de choses écrites et non publiées, tout ceci sera réparé dans la semaine pour une de mes dernières semaines à Lyon, ville que je regrette déjà tant j'ai appris à l'aimer. mais ce week end c'était Paris, pour des recherches d'appartement, mais aussi pour un concert de Benjamin Biolay au Casino de Paris. se trouver à quelques minutes à pied d'une salle de concert, je le découvre, c'est quelque chose vraiment pas mal.

parti trois petits quart d'heure avant le début, j'arrive avec une demi heure d'avance, attendant patiemment ma camarade pour la soirée qui a un petit contre temps. timing excellent, à peine rentré dans cette splendide salle de music hall toute recouverte d'un rouge majestueux, les lumières s'éteignent, et commencent une première partie surprenante. la voix de Biolay résonne de cette tonalité grave que j'ai appris à aimé, pour nous présenter Aka, une jeune femme magnifique vétu d'une tenue très courte et argentée, vissée devant son micro, musiciens à ses cotés. la première chanson ne m'a pas convaincu, bancale, pas très bien orchestrée. les suivantes m'ont par contre vraiment plues, énormément pour certaines d'entre elles, et très vite je me dis que quelque chose cloche : les mots chantés sont familiers dans leur agencement, leur poésie. quand elle eut fini son tour de chant la belle précisa que les textes étaient du maître de cérémonie, qu'elle remercie tout particulièrement pour l'avoir invité ce soir à faire sa première partie. en effet ces mots sonnaient comme du Biolay, dans leur enchainement, leur aspect ciselé et bien trouvé, cette façon unique de faire chanter le français, chose si ardue en musique.

vingt minutes d'entracte, la lumière qui se rallume, je constate que nous sommes vraiment bien placés, qu'il y a tout pour être heureux et profiter de cette soirée et ce beau week end qui s'ouvre de la meilleure des manières. une fois l'attente terminée, nous nous rapprochons encore, l'effet concert oblige les gens se resserrent pour être plus près de la scène et de l'artiste qu'ils sont venus écouter. cinq personnes y prennent place, guitariste, bassiste, harpiste, batteur et un clavier multi instrumentiste assez impressionant qui multiplia les effets sonores pour recréer l'ambiance musicale du double album initiateur de la tournée. en dernier lieu Benjamin, tout de noir vêtu, le costume sobre, la chemise ouverte, le cheveu lissé en arrière et toujours long. première chanson Tout ça me Tourmente, une de mes préférées de ce double album. l'homme occupe bien l'espace, alterne nouvelles chansons et anciennes, reprise avec Les Séparés de Julien Clerc, morceau rare comme Nuages noirs écrit pour un film d'Arnaud Viard Clara et moi.

et puis il se met au piano, racontant une petite histoire. celle d'un jeune homme qui avait déclaré qu'il ne donnerait pas dans la chanson pour ses enfants, rituel auquel il n'a pas envie de sacrifié. pourtant vient Ton Héritage, un morceau énorme et bouleversant écrit à sa fille, qui elle préfère les Black Eyed Peas raconte t il. mais c'est bien sa chanson à lui qu'il nous joue seul au piano, et là ce fut beaucoup d'émotion, les larmes aux yeux, les frissons dans le dos.

le public est chaud, pas survolté comme pour un concert d'AC DC, mais très concerné, faisant du bruit à bon escient. cet album fut ma bande originale lyonnaise, petit clin d'oeil la chanson Lyon Presqu'île. "Y a t il des lyonnais dans la salle?", et là tout naturellement je crie et lève ma main bien haut, parceque oui cette chanson et cet album sont l'illustration de ma bulle lyonnaise de cinq mois, émotion donc, et beaucoup de joie et de bonheur. le bonhomme est généreux, trois rappels, prévus certes, mais tout de même, conclure par Brandt Rhapsodie avec Jeanne Cherhal, venue exprès pour ce duo final, ça rend heureux. cette histoire qui voit naître l'amour, et qui tout du long de ses trois minutes nous amène au divorce et à l'indifférence. c'était la chanson préférée de ma comparse, et celle de beaucoup de monde apparemment. je n'ai pas eu Jaloux de Tout, mon hymne personnelle, mais qu'importe, se furent deux heures où le sourire ne m'a pas quitté, un moment presque parfait. rentrer en marchant tranquilement dans les rues de Paris se fut juste un bel épilogue, en chantant les paroles d'une chanson de Biolay, en ne pensant à rien d'autre, en n'anticipant pas le moment suivant, en étant juste là dans l'instant.





30/01/2010 21:38
La Toison d'Or était en Toc  0 commentaire

passer le samedi apres midi au cinéma ça fait toujours plaisir, surtout apres une semaine d'une ambiance redoutable. disons le carrémment une atmosphere de merde, mais on est pas là pour râler, mais bien pour une fois de plus parler cinéma. comme je le disais récemment il n'y a rien de meilleur que deux films en back to back dans de bonnes salles (sauf que j'oubliais que le samedi le ciné cité est envahi par les bouffeurs de pop corn en tout genre, mais bon passons). autant faire dans le grand écart cinématographique, un film français, Le Refuse de François Ozon, et un autre étasunien de Jason Reitman, In the Air (le Up du titre original ne plaisant pas aux distributeurs français apparemment).

je ne suis pas un fan du cinéma d'ozon, je ne le suis pas religieusement à chacune de ses sorties, j'ai raté Ricky par exemple. Alexandra Lamy sans doute, le theme qui sur le papier ne me disait rien du tout (un bébé né avec des ailes, on s'en fous en fait). mais je reste curieux, et j'aime beaucoup Isabelle Carré, qui même si elle commence à perdre de son visage d'enfant la quarantaine approchant, garde un charme et une présence captivante à l'écran. premiere scene tres dure qui la voit, héroinomane, finie aux urgences, son homme, joué par le toujours tres bon Melvil Poupaud, mort d'une overdose. on lui apprend ce déces dans la foulée de sa grossesse : beaucoup d'émotions en peu de secondes. le plus intéressant commence : la fuite de la jeune femme dans un sud de la France estival, fait de soleil et de plage, où elle se terre dans une maison prêtée par un ancien amant. arrive alors le jeune frere du pere de son enfant, beau comme un dieu, homosexuel, avec qui elle n'avait aucun lien avant le drame.

Louis Ronan Choisy incarne ce frere gravure de mode qui s'installe dans la vie de la future mere, on ne sait pas trop pourquoi. se crée une ambiguité entre eux, une connivence génée. ils finissent par se confier l'un à l'autre, à se rapprocher, en quête de l'image de ce disparu qui a tant compté pour chacun d'eux. fou comme Poupaud hante le film, quand Isabelle Carré regarde ce frere on croirait que c'est lui qu'elle cherche à chaque instant. le film n'est que meilleur des que les deux protagonistes cessent de parler. Ozon fait alors parler la force de sa caméra et de sa mise en scene, transmettant beaucoup d'émotions dans de tres belles images. qu'Isabelle Carré se soit laissée filmer enceinte est une belle prise de risques. elle est d'une grande générosité et sa prestation absolument convaincante. j'ai particulierement aimé le fait que son personnage soit à la fois tres adulte et tres enfantin, toujours entre deux tons. deux moments de pure intelligence et de pure beauté : quand elle souligne le fait qu'elle n'est pas si unique que ça dans son cas, des meres héroinomanes il y en a, dont beaucoup qui s'en sortent. cela nous sort des cas spectacle qu'on nous asséne bien souvent, comme si la vie commençait au début du film. ensuite cette scene au piano où le jeune frere chante ce tres bel air, écrit et interprété par LR Choisy (une nouvelle preuve que la chanson française est vive et dynamique en ce moment), d'une beauté simple et fulgurante.

le film m'a beaucoup touché et ému, économe en mots pour mieux souligner les émotions et la qualité d'une narration plus subordonnée aux images qu'au texte. la séance suivante se devait d'être radicalement différente, et elle le fut en tout point.

j'avoue ne pas du tout avoir aimé le film précédent de Jason Reitman, Juno, qui a pourtant eu un beau succes public, mais qui m'avait considérablement agacé par son manque d'intelligence et son ton faussement impertinent, qui cachait pas mal de conformisme républicain, lourd d'un propos pro life insupportable. mais bon laissons sa chance au nouveau, In the Air, d'autant plus que j'aime Clooney et Vera Fermiga. disons le tout de suite : George est fabuleux dans ce film. c'est décidemment un grand acteur, et il se taille la part du lion ici. séduisant, le regard qui frise, la voix forte et haute, un charisme qui transpire à chaque instant où son visage apparait à l'écran. cet homme mérite les plus grands roles, et surtout les plus grands films. celui ci n'en fait pas partie. il joue le role de Ryan Bingham, un spécialiste du renvoi d'employés, engagé par des compagnies ne souhaitant pas le faire eux même. pour se faire il travers le pays accumulant miles et hotels, se sentant plus chez lui dans les terminaux d'aéroports, où il passe onze mois sur douze, que dans son petit appartement d'Omaha, vide d'humains et de possessions. il va jusqu'à animer des séminaires où il prone le désinvestissement émotionnel, de laisser au placard les amis, famille, et connaissances, en fait tout ce qui encombre et empêche d'être libre. une philosophie de vie misanthrope en quelque sorte.

ce résumé est plutot séduisant, le personnage dérangeant, et servi encore une fois par tout le talent de l'acteur. mais là les ennuis arrivent : Reitman n'a pas pu s'empêcher de retomber dans ses péchés moralisateurs. la petite nouvelle aux dents longues mais pas trop, n'aura de cesse de lui rappeler, et même de vouloir le convaincre, qu'il devrait lui aussi s'abandonner à l'amour et bâtir une famille, bref d'être comme tout le monde et poser sa valise chérie. pire encore la maitresse de George se trouve être une garce avec mari et enfants qui n'a jamais envisagé avec lui qu'une "parenthese" récréative. tout cela sonne énormément comme une punition pour ce requin qui a voulu arrêté de nager et rentrer dans le rang. mais cela lui est nié, car il a trop péché le vilain requin. cette morale est puante à souhait, comme s'il devait être châtié d'avoir refusé le modele sacro saint du couple nucléaire. ce vieux fond moralisant est beaucoup plus abject encore que la pseudo dénonciation d'un monde que Reitman embrasse tout entier avec ses codes de valeurs. à qui veut il faire croire au juste qu'il dénonce la crise et l'ultra libéralisme avec ce film? le véritable propos est en contradiction avec ce pseudo pamphlet et rend l'ensemble non seulement écoeurant mais bancal. quel dommage il y avait vraiment moyen de faire autre chose sur le sujet et avec ce casting.





25/01/2010 1:03
Aux Armes, etc..  0 commentaire

cette semaine la prime est aux films français, parceque je le dis et je le répète, j'aime le cinéma français, envers et contre toute mode qui veut qu'il est de bon ton de dire que c'est forcemment mauvais ce qu'on tourne chez nous. Complices et Gainsbourg sont des preuves supplémentaires de cette vitalité créative dans notre pays bleu blanc rouge. le premier est un polar avec Gilbert Melki et Emmanuelle Devos, première réalisation de Frédéric Mermoud, révélant également deux jeunes acteurs magnifiques, Nina Meurisse et Cyril Descours. j'aime le polar, surtout quand il est juste des dialogues aux situations en passant par l'écriture des personnages. ceux ci sont finement écrits, on croit à leur histoire, leurs histoires, d'amour, d'amitié, belles ou sordides.

Vincent est un jeune prostitué qui trouve l'amour dans un cybercafé où il recrute ses michetons par le biais du net. la narration est en flash back, on sait dès la première scène que le destin du jeune homme sera funeste : son corps est repêché dans le Rhône déjà décomposé. c'est toute son histoire qui entrecoupe l'action principale, nous suivons l'enquête des agents de police interprété par Devos et Melki (et dieu sait que j'ai eu du mal au début avec la première que j'ai eu bien du mal à visualiser en fliquette). si l'intrigue est simple et sans fioriture ça ne dessert pas du tout le film, économe en tout, beau en tout points. il est vraiment agréable de voir que jamais on ne tombe dans le spectaculaire, dans les plans foireux du polar étasunien qui en rajouterait dans le dénouement macabre ou le deus ex machina de dernière minute pour pimenter l'histoire. encore une fois Mermoud garde une simplicité qui convient parfaitement au scénario, s'appuyant sur son casting qui le lui rend bien, chacun semblant très concerné par son rôle. les détails font qu'il y a une communication entre les scènes, les deux couples à l'écran éloigné par le temps et les ages se confondent malgré tout dans leurs quêtes d'amour, brulant à des rythmes différent, mais se faisant étrangement écho. une bien belle réussite que ce Complices.

l'autre film dont j'avais envie de parler est donc Gainsbourg, une vie héroïque, du niçois Joann Sfar. oui je fais un peu le provincial chauvin en soulignant son origine. j'avais eu la chance de le croiser à Paris en 2002 pour une conférence du vénérable Will Eisner, une rencontre qui reste gravé dans ma mémoire. parceque Sfar vient de la bande dessinée, le générique du film, ainsi que les illustrations tout du long, sont là pour nous le rappeler. je m'étais questionné sur la pertinence du choix du thème pour ce premier film. ça me semblait un peu casse gueule, sur le papier le biopic, le film biographie, ça ne me plait pas trop, et ça me semble un peu trop balisé, un exercice de style imposé. et puis a priori Gainsbourg n'est pas quelqun qui m'intéresse : je n'ai pas grandi avec sa musique, tout juste avec la mémoire de certaines de ses frasques les plus célèbres, télévisuelles, mais son art ne m'est pas du tout familier. mais Sfar fait un film qui est à des années lumières de tout ce que je redoutais. il n'est tout d'abord en aucune manière linéaire. parfois il est comme des vignettes, comme un collage fantasmagorique de l'imaginaire d'un poète, d'un peintre qui s'est rêvé homme. ou peut être l'inverse je ne sais pas trop. on retrouve les obsessions de Sfar, et notamment celle de l'identité juive. déjà en 2002 quand je l'ai vu pour la première fois, c'était dans une école hébraïque du XIIème arrondissement de Paris, et il semblait très épris de la culture juive, et notamment de la place du dessin et de l'art dans les familles issues de cette religion.

on retrouve cela dans son film, la transmission de la culture, de la musique, du rêve. dès les premiers moments le petit Lucien Ginzburg s'évade par l'imagination, les moments et les notes. si des éléments de réel se greffent à l'ensemble, Bardot, Gréco, Birkin et ses succès les plus célèbres, le fantasme et l'imaginaire sont là tout le temps, notamment par le biais du double, ce diable qui le suit et lui montre la voie à suivre pour arriver au succès, au prix de sa vie, de sa santé. le film est comme un poème qui raconterait l'existence sans s'y attacher vraiment, c'est beau et mélancolique, comme une souffrance qu'on aurait presque envie d'essayer, ne serait ce que pour savoir ce qu'est le génie, le vrai. quel beau pied de nez tout de même de réussi à faire un film personnel, beau et poétique avec un film biographie! tour de force, ambitieux, et diablement séduisant. au de là de mes rêves les plus fous à vrai dire.


17/01/2010 15:15
Nos 50 premiers Rencards  0 commentaire

Girl Next Door, locution tarte à la crême qui peut renvoyer tant à une expérimentation "soderberghienne" habillée des traits de Sasha Grey, soit plus classiquement révéler une frimousse aux joues bien pleines, du genre qui fait rêver jusqu'au plus geek d'entre nous. comme je le précisais dans un billet précédent, dans mon imaginaire la figure générationelle de la GND est incarnée par la gironde Drew Barrymore. et la môme Drew  n'est pas la première venue, excusez du peu, le grand père était John Barrymore, et le grand oncle l'immense Lionel Barrymore, ce fantastique acteur qui illumine de sa présence pléthore de classiques du début du siècle dernier, dont un film que j'affectionne plus particulièrement, Broken Lullaby d'Ernst Lubitsch.

Drew quand à elle a commencé jeune : personnage secondaire mais important d'E.T. de Steven Spielberg avant d'avoir dix ans. ce type de notoriété hypertrophiée laisse des traces, et vole son adolescence à notre actrice qui n'aura de cesse de scruter toutes sortes d'abysses par le biais des paradis artificiels. ce type de considérations dépassé, elle devient l'hégérie d'un type de comédie très "teen" et très romantique. physique atypique, sourire enjôleur, elle pourrait être votre voisine de palier, elle ne semble pas inaccessible et ne sait décidemment pas faire la gueule. elle déploit son énergie aux cotés de Cameron Diaz et Lucy Liu dans la version cinéma de Charlie's Angels, et tourne aux cotés des plus grands acteurs comiques de sa génération, tel Ben Stiller ou Adam Sandler avec qui elle tourne notamment the Wedding Singer (qui ne comprend pas la drolerie de ce film est perdu pour la suite de cet article), et surtout le très bon 50 first Dates.

Cette comédie nous raconte une histoire très touchante d'une jeune femme bloquée sur une seule et même journée depuis un terrible accident de voiture sur son ïle d'Hawaii où elle réside. une sorte d'amnésie très particulière qui efface irrémédiablement tout souvenir intervenant au de là de l'accident. au milieu de cette tragédie intervient le personnage d'Adam Sandler, malheureux en amour, frivole, qui rencontre la jeune femme en ignorant sa condition. ironique rencontre qui en appelera bien d'autres. c'est en effet une grande succession de premiers rencards que nous voyons défiler, plus créatifs et inventifs les uns que les autres. notre personnage masculin n'a pas d'autre choix que de la reconquérir chaque jour, usant de tous les subterfuges pour garder cet amour si cruel qui s'échappe aux douze coups de minuit pour retomber dans l'oubli au petit matin. certes il y a des moments de rire, mais la tonalité de fond reste très douce amer. Drew ne guérira pas miraculeusement, et même si le final est positif il reste cette pointe de fatalité, très dure qui perdure jusqu'au générique. c'est une très belle histoie mais qui a son prix. DB apporte comme toujours sa décontraction, tendance Hippie chic (copyright Benjamin Biolay), toujours le sourire au bord des lèvres, un brin fantasque (ces petites constructions en pancakes feraient craquer le plus cynique d'entre nous), douce, le cheveu doré et la répartie sympathique.

mais les exemples sont légions de comédies réussies incluant la belle, je pense notamment à Music and Lyrics (Le Comeback dans l'hexagone), où sa fraicheur et sa gaieté vont jusqu'à nous faire redéfinir la manière d'arroser les plantes, comme si personne ne l'avait jamais effectué avant elle. dans mes pérégrinations cinéphagiques bon teint je me suis donc retrouvé dans une très bonne salle pour assister à une projection de son premier film en tant que réalisatrice, le nommé Bliss. celui ci est un parfait mélange de tout ce que l'on peut retrouver dans ce type de comédie : du très bon, et également du grand cliché un peu difficile à avaler. on y retrouve Ellen Page dans le rôle éponyme, ainsi que Marci Gay Haden, et une ribambelle d'actrices en second roles, tel Juliette Lewis en vieille pute rebelle sur patins à roulettes, Zoë Bell sortie de l'ombre des cascades depuis Tarantino et Death Proof, et Drew Barrymore herself dans un tout petit rôle où elle se permet le luxe de se moquer d'elle même dans une caricature de son personnage de fille sympa, mignone et bagareuse.

cette histoire de petite fille modèle qui s'encanaille par le biais des derbys de patins à roulettes pour filles a tout pour plaire. Page et Gay Haden sont très bonnes dans leur relation mère/fille compliquée, tournant autour de la problèmatique si épineuse de la transmission, qui encore une fois grèle le lien filial, creuset de toutes les rebellions et haines en tout genre. c'est fin et bien amené, avec ce qu'il faut d'humour (on en attendait pas moins de DB). il est beaucoup plus dommage de voir fleurir les lieux communs type tel que la scène à la piscine, l'absence de caractérisation de certains personnages qui auraient pu être intéressants (le coach par exemple, ou certaines des filles), ou la scène où la mère finit bien evidemment par changer d'avis et venir voir jouer sa fille. la morale est sauve en quelque sorte, et je dois avouer que c'est un peu dommage, mais pas si étonnant que ça en fin de compte. on est pas dans Freeway et sa relecture trash du mythe du petit chaperon rouge ici (certains diraient tant mieux d'ailleurs, d'ailleurs qu'est devenu Reese Witherspoon???).

A noter que j'attends toujours de voir Ellen Page dans un film à la hauteur de son talent, Hard Candy et surtout Juno, furent de grandes déceptions. en somme ce  premier film est comme son auteur : bourré de charme, on a envie de l'aimer malgré ses défauts tellement il y a un je ne sais quoi irrésistible dans l'air. une petite comédie sucrée sans grande prétention, mignonne et agréable, comme un grand sourire entouré de mèches blondes et de joues bien pleines.

le mot de la fin sera pour recommander chaudement le film Funny People de Judd Appatow, au risque de me répéter, qui touche lui aussi quelque chose de très juste, et s'offre le luxe de donner à Adam Sandler son plus beau rôle, dramatique, depuis Reign Over me.


08/01/2010 19:54
Fanny et la Corniche Fleurie  2 commentaires

"je rêve que nous sommes des papillons,

n'ayant à vivre que trois jours d'été.

Avec vous, ces trois jours seraient plus plaisants,

que cinquante années d'une vie ordinaire"

Fanny Brawne, l'étoile filante, le personnage féminin principal parfait pour un poème romantique. un receptacle sophistiqué à l'extrême, d'une grande modernité et pourtant en réaction absolue contre notre époque (cf mon post intitulé Bright Star). si les mots de Keats sont la toile de fonds, tapis en filigrane tout du long du film, c'est bien la belle Fanny qui occupe tout l'espace. Elle et l'étendue de sa passion, de son amour gigantesque pour le jeune poète.

la naissance du sentiment amoureux, la douleur qu'il provoque, la souffrance de la s&paration, tout ceci est souligné par le visage et le jeu d'Abby Cornish. sublime, comme la photo et la mise en scène, ainsi que l'affiche du film qui présente un tableau à couper le souffle. le propos n'est jamais mièvre, l'oeil reste sec, aucune volonté excessive chez Jane Campion. comment représenter ce qu'il y a de plus beau sans trop en faire, et sans jamais que cela soit consommer effectivement? le couple reste platonique et pourtant chacun de leurs actes est d'une rare sensualité, on reste le souffle court.

Etoile filante car leur temps est court, quelques mois, deux ou trois ans tout au plus, le poète Keats mourrant à 25 ans à peine d'une longue maladie (bien plus longue et douloureuse d'ailleurs que ne le présente le film). les scènes d'extérieur magnifient le propos. que ces bois et jardins sont beaux. le passage des saisons est comme une manifestation des humeurs des personnages : l'hiver semble un couperet venant crucifier Keats qui semblait déjà bien malingre. au contraire le printemps et l'été sont comme des fêtes, tourbillons de couleurs vives, à l'avenant des tenus magnifiques de Fanny (quel travail sur les costumes).

deux très belles scènes illustrent bien la qualité du film : tout d'abord sous la pluie la jalousie de Keats explose face à son ami Brown qui, par jeu, courtise Fanny. Ben Whishaw, le regard emprunt d'une intense tourmente, le somme de ne pas mépriser le mot amour, son coté volage et léger étant l'exact opposé du couple romantique. il manifeste clairement pour la première fois son intérêt pour la jeune femme, cet attachement qui désormais sera indéfectible. le poète tourne sa colère vers elle, celle ci reste alors interdite, prise de mutisme, tout se passe sur les visages, inondés de pluie. elle est belle à mourir dans ses vêtements détrempés, scène simple et dépourvue d'effets mais au combien cruciale car elle marque un tournant dans la cristallisation de leur histoire. tout est ici dans les détails.

ensuite vient la scène assez longue où tout deux s'abandonnent enfin à leur passion, échangeant de chastes baisers, mais chargés en émotion. la tension est à couper au couteau, chaque geste est retenu mais précis, d'une grande tendresse. Toots, la petite soeur de Fanny, cherchant sa soeur, traverse cet incroyable corridor d'herbes hautes, arrosé de cette lumière d'été chatoyante. s'en suit alors un jeu à la fois drôle et créatif où le couple s'amuse à se figer chaque fois que la fillette se retourne vers eux. un jeu d'enfant en somme, un jeu d'amour, s'embrassant à la dérobée entre deux pas.

si au début Fanny n'entendait pas grand chose à la poésie de Keats, au final elle la connait par coeur, vivant chaque mot comme un battement de son propre coeur. ses cris et ses larmes vers la fin de l'histoire sont bouleversants et déchirants, tout comme la beauté et la pureté de son deuil. beaucoup vont s'ennuyer à la vision du film, mais c'est une étoile filante, perçue par ceux qui savent regarder et voir ce qui rend vivant, éclairant l'âme l'espace d'un instant, qui vaut plus qu'une vie entière à l'ordinaire.


06/01/2010 1:44
Engrais à pensées  0 commentaires

je n'ai pas de meilleure recette pour commencer l'année que d'assouvir mon envie dévorante de cinéma, d'où trois films en deux jours depuis mon retour dans la capitale des Gaules. éclectique voyage qui m'a amené en Belgique, en Argentine et en Iran, navigant entre diverses langues comme le perse (ou farsi je ne sais plus), le flamand, l'espagnol et l'anglais. c'est diablement séduisant de pouvoir laisser son oreille se faire séduire par tous ces accents et intonations différentes, et tout cela au service de très bons films très variés dans leur thématique, mais tous virtuoses chacun à leur niveau.

tout d'abord le nouveau film de Francis Coppola, Tetro, tourné en majorité en noir et blanc, et qui résonne vraiment comme un petit frère au très beau Rumble Fish (Rusty James dans nos contrées), qui est au passage mon film préféré du réalisateur du Parrain, avec Conversations Secrètes peut être (faudrait que je le revois). la filiation est évidente entre les deux films, Coppola voulant même au départ du projet reprendre Matt Dillon qui incarnait le jeune Rusty James, idolatrant son grand frère le Motorcycle Boy (le génial Mickey Rourke dans son plus grand rôle). ici c'est une jeune homme de dix huit ans qui vient chercher des réponses chez son frangin beaucoup plus agés, et Coppola de répéter que c'était son film le plus personnel.

la lecture assidue de Brazil nous apprend en effet que le propre frère du réalisateur avait eu une place prépondérante dans sa vie, le début du film, le jeune qui quitte sa famille pour se réfugier chez son frangin, étant presque point par point ce que FFC a lui même vécu dans sa jeunesse. venant lui aussi d'une famille d'artiste, son père Carmine était un grand chef d'orchestre, on pige rapidement les liens avec son histoire. Vincent Gallo interprête le rôle titre de Tetro, trainant sa dégaine spectrale tout du long du film avec beaucoup de classe. Alden Ehrenreich qui joue Bennie est une très belle découverte, son visage enfantin rappelle encore une fois celui de Dillon dans Rusty James, même moue boudeuse, même quête existencielle désespérée.

alors oui on pourrait ergoter que le film ne tient pas toutes ses promesses, que le final est un brin brouillon et prévisible, voire même démonstratif, mais la mise en scène est vraiment à l'avenant du déjà enthousiasmant L'homme sans Age film précédent du metteur en scène d'Apocalypse Now. j'aime ce Coppola là, qui fait de petits films bourrés d'énergie, de classe, et qui font du bien à la gueule. vivement le prochain.

les deux films suivants sont donc iranien et belges. ils ont en commun d'être des outsiders (pour continuer avec le fil rouge Coppola), de nous convier dans des théâtres et des langues peu communes, et de montrer des réalités sociales déroutantes et touchantes, sans jamais nous abrutir de pathos, et sans jamais être démonstratif (j'insiste sur ce terme car c'est un défaut qui m'agace beaucoup au cinéma). Les Chats persans, film venant d'Iran, nous montre deux jeunes désireux de monter un groupe d'indie rock dans un pays où rien ne semble possible. rappelons que la dictature des Ayatollah n'est pas ce qu'on peut appeler une terre de liberté, encore moins artistique. là encore la mise en scène est fraiche est extrèmement dynamique, toute en cut vifs et saignants. Téhéran est à la fois magnifique et oppressante. la ville est palpable et fascine, dans le même temps elle effraie par sa capacité à tuer dans l'oeuf le talent de sa jeunesse. une vraie belle réussite et une très sympa bande son, qui au contraire de films comme slumdog millionaire, sait montrer ce qu'il y a de beau et vivant dans un pays en prise avec des difficultés bien loin de nos préoccupations d'européens bien nourris et bien logés.

et là ce fut le choc : La Merditude des Choses de Felix Von Groeningen, film flamand, langue déconcertante au premier abord. c'est une histoire de famille, où doit grandir Gunther, treize ans. quatre frères plus folkloriques et auto destructeur les uns que les autres, vivent toujours chez leur vieille mère, grenouille de bénitier au grand coeur (ça n'est pas contradictoire apparemment), alcooliques et fétards au dernier degrès. quel tableau de la Belgique profonde! choc comparable au film de Dumont les Enfants de Jésus, qui en son temps m'avait marqué profondémment par sa violence visuelle. s'il y a beaucoup d'humour pour faire passer la pillule, les moments d'émotions brutes sont légions, et les situations pathétiques sont poignantes, tout comme l'écriture de ces personnages impressionants de vérité. la gestion de la paternité du personnage principale est d'une rare intelligence, à des années lumières des clichés imposés par tout un pan du cinéma consensuel étasunien et franchouillard. c'est littéralement une enclume dans le visage que ce film qui fait naitre toutes les émotions sur le visage du spectateur.

une bande de lourdauds râlaient de leur choix en début de film, se demandant s'ils n'allaient pas ressortir après s'être rendus compte que c'était du flamand qu'ils entendaient, se moquant de tout et de rien qui défilait à l'écran. mon grand plaisir fut de peu à peu les entendre se taire complètement, et même d'avouer qu'ils avaient beaucoup ces deux heures. comme quoi il se passe encore des choses pas mal chez les bouffeurs de pop corn. ce film belge est la découverte de l'année qui vient de montrer le bout de son nez! chaudement recommandé par le comité azuréen du bon goût en exil.


01/01/2010 13:39
Vice, Luxure et Rock'n Roll  0 commentaires

c'est pas si mal en fin de compte de ne pas boire pour la fin de l'année civile, vous savez le rituel en forme de marronnier qui a pris une importance démesurée sans qu'on sache vraiment pourquoi. le retour avec le premier train est fait sereinement, et j'en viens à me dire que je suis en bien meilleure forme que dix ans auparavant, époque où j'étais écroulé au même moment et même endroit, ce putain de ter qui me ramène vers le berceau familial, mon petit port azuréen que j'aime tant. là c'était juste bien, j'ai même fait durer le plaisir un peu pour discuter en famille. les vibrations étaient bonnes et agréables. la leçon que je tire de la fin de cette année épouvantable à tous les niveaux, c'est qu'il faut choisir des fêtes qui vous ressemble, et ne surtout pas forcer le naturel, sinon on passe de très mauvais moments, et on est un poids pour les autres.

je retiens aussi qu'il faut savoir identifier les tournants et autres crossroads dans la vie : il ne sert à rien de s'accrocher à des mécaniques qui ne fonctionne pas par peur de ce qui va suivre et qui risque d'être difficile. au final c'est ça être adulte, assumer et continuer. le sens qu'on donne aux choses est peut être un leurre pour ne pas perdre l'esprit, toujours est il que ça aide à donner de la cohérence. après trois mois très dur dans une nouveauté pas évidente, je suis heureux de mon choix de vie et du changement qu'il va occasionner pour moi. bien sur je vais regretter amèrement ma boutique de bédé, mon lieu de vie, mon ancre et mon âme, mais ceci mis à part tout reste à faire et ça passe par cet ailleurs qui me fout tellement la trouille. quelque part je suis content de ne pas avoir à assumer les conséquences de 2009 dans le sud pour les mois qui viennent, de casser net. le soleil et la méditerrannée vont me manquer, mais quelque chose me dit qu'il y a beaucoup à y gagner.



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